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Le Jardin

Un domaine familial fondé en 1620

Armoiries du château de Bois Guilbert

Constitué au cours des quatre derniers siècles, ce domaine resté dans la famille, a été fondé en 1620 par leur ancêtre Charles Le Pesant, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roy, Chevalier de son ordre, magistrat et capitaine d'une des milices bourgeoises, cousin de Marthe Le Pesant, mère de Pierre et Thomas Corneille. Pierre Corneille, célèbre poète dramaturge français, y séjourna lors de sa représentation devant la Cour, Louis XIII, Anne d'Autriche et Richelieu, à Forges-Les-Eaux en 1633. 

Il s'agit également de la maison d'enfance de Pierre Le Pesant de Boisguilbert (1646-1714) petit-fils de Charles Le Pesant, économiste fondateur sous Louix XIV pour lequel le domaine a reçu le prestigieux label « Maison des Illustres » par le Ministère de la Culture en 2013. 

Le pavillon et la chapelle datent de 1625 tandis que l'actuel château date de 1780 : il a été reconstruit sur les fondations de l'ancien Manoir Louis XIII par le petit-fils de l'économiste alors Seigneur de Pinterville et de Boisguilbert. 

L'histoire du Jardin est quant à elle liée à Jean-Marc de Pas, sculpteur paysagiste, qui a grandi là, au milieu de poneys, et a reçu ce lieu à l'âge de 21 ans en 1983.
Le domaine du château deviendra le berceau de sa « grande œuvre », partage d'une vision poétique du rapport à l'univers, la création d'un jardin de sculptures sur sept hectares pour célébrer les éléments constitutifs de la Vie et de la Nature.

Le poney-club créé par son père Louis de Pas dans les années soixante, a été repris et développé par son frère Thierry, à côté à la ferme, avec un beau pigeonnier XVIIe. 

Création du Jardin par Jean-Marc de Pas, hymne à la Nature

Jean Marc de Pas, sculpteur et propriétaire du jardin des sculpturesEn 1985, encore étudiant à l'Ecole Boulle et aux Beaux-Arts de Paris, Jean-Marc de Pas fait le rêve d'un grand jardin de sculptures, pour partager ce lieu autour des réflexions qui l'habitent et de sa vocation de sculpteur : il imagine, dessine les plans et crée ce jardin, autour des bâtiments XVIIe et XVIIIe siècles. Depuis 1988, il a planté près de 7 000 arbres et arbustes.

Sa formation initiale en ébénisterie lui a donné une solide connaissance des arbres : alignements, allées voûtées, percées vers le ciel, labyrinthe circulaire en buis au centre d'un cercle de bouleaux, cercle de séquoias, grande allée périphérique, cloître végétal en charmilles, entourent des arbres anciens pour certains remarquables, comme un châtaignier du XVIIème siècle ou des platanes bicentenaires.

L'artiste sculpteur paysagiste commence par redessiner les contours du jardin, par créer une architecture végétale, « les murs des pièces et leurs structures », qui serviront « de socles » à ses sculptures. 

Il réalise les premiers aménagements et plantations structurantes entre 1988 et 1991 (mare, allées brise-vent, future nef de tilleuls, cercle de bouleaux ou de séquoias…), en commençant par la création du labyrinthe de buis (300 boutures), cœur du parc et point de départ des autres espaces symboliques. En 1991, il plante la grande allée périphérique, cadre du tableau dans lequel il nous invite à nous promener. 

Vue aérienne des vestiges d'un labyrinthe végétal En 1993, il créé l'association pour l'aider à ouvrir et partager ce jardin avec le public. En 1995, il plante le cloître en charmilles avec l'aide d'un premier chantier d'insertion. Quatre charmes par pilier, soutenus par des cannes en frêne, forment la structure en arcades qui suit le rythme du mur du potager. 

Le cercle de séquoias à l'arrière du château dans la clairière date ensuite de 1997. 

Soixante-dix de ses œuvres jalonnent une promenade poétique et symbolique, à travers différents espaces paysagers, la mare et son île, le labyrinthe de buis, jardin du cosmos, le cercle de séquoias, rose des vents, le cloître végétal des quatre saisons.

Ce jardin, propice à la rêverie, constitue en soi la « grande œuvre » de l‘artiste ; il nous fait entrer dans sa relation au temps et à l'espace. Ses sculptures ne sont pas installées par hasard, elles font partie intégrante du jardin, soulignent la symbolique de chaque espace, les habitent de leur présence délicate. 

Hymne à la vie et à la nature, le site accueille près de 15 000 visiteurs par an. 

Le jardin a obtenu le label "Jardin remarquable" par le Ministère de la Culture et de la Communication en 2014, reconnaissance de l'œuvre originale de création, de la qualité de l'accueil et de l'entretien par l'association gestionnaire.

Jean-Marc de Pas, sculpteur

Intervenir sur un site n'est pas une action neutre. La création entre en dialogue avec la vocation des lieux, avec son histoire et les éléments formels, paysage, architectures, qui le composent. Elle vient s'ajouter et en ce sens doit trouver sa cohérence aux yeux des personnes qui vivent cet espace. L'artiste intègre un cahier des charges pour produire un geste poétique qui va au-delà de la matérialité de l'œuvre. Une œuvre peut apporter un supplément d'âme à un espace. (Jean-Marc de Pas)

Jean-Marc de Pas sculptant un visage ressemblant à celui de Fidel Castro

Jean-Marc de Pas, sculpteur, est né à Rouen en 1962. Docteur en art et sciences de l'art, diplômé des Beaux-arts de Paris et de l'Ecole Boulle, il a ouvert son atelier en 1989 à Bois-Guilbert en Normandie. 

Dans son travail, il recherche l'harmonie des lignes, la grâce, l'expression d'un état intérieur. 

Paysagiste dans l'âme, il pense la sculpture d'extérieur comme élément d'un ensemble. 

A 21 ans, il reçoit un lieu au charme bien particulier, trouve l'espace de liberté qui lui permet d'exprimer son rapport à l'univers. Il forme le rêve d'un grand jardin de sculptures, dont il conçoit les plans et assure les plantations.

Soixante-dix de ses œuvres jalonnent une promenade poétique et symbolique célébrant la vie et la nature. 

Depuis près de 30 ans, il a également réalisé de nombreuses œuvres monumentales installées dans l'espace public. Il a expérimenté de nombreux registres. Son matériau de prédilection est la terre, malléable ; ses œuvres sont ensuite éditées en bronze ou dans des matériaux composites. 

Façade du château en briques rouges

J'habite une terre,
Ou,
Devrais-je dire,
Je suis habité par une terre.
Une terre d'enfance,
Une terre d'asile.
J'ai poussé là comme un arbre,
Et mes doigts,
devenus racines,
fouillent les profondeurs de la glèbe.

J'ai grandi sur le lieu-dit : "la Glos".
De vieilles gens, dans le village,
Disent que cela signifie : la glaise.
La glaise comme terre d'origine.
La glaise, terre grasse, terre d'argile.

Elle a porté mon enfance,
Elle m'a modelé.
La terre modèle les hommes.
Elle m'a pris en son sein,
A mis en moi le goût de la pâte.

Elle m'a donné l'âme d'un modeleur.

Extrait de la thèse de Jean-Marc de Pas, Le Malléable et sa pétrification, essai poïétique sur une pratique sculpturale. Presse Universitaire du Septentrion, Lille. 

Quelques-unes de ses créations et installations majeures

  • Buste sculpté Ronde des saisons, concours Ville de Sucy-en-Brie (94), bronze, installée en mars 2020 sur un bassin devant le château classé
  • Les Grands Navigateurs, 10 bustes en bronze sur le Pont Boieldieu Rouen 
  • 27 bustes en bronze des grands navigateurs et conquérants de l'air et de l'espace, siège de la MATMUT à Rouen, décembre 2010
  • Basilique Sainte-Clotilde, Paris 7 : Haut-relief, portrait de Saint Thomas More, en 2011 et haut-relief sur Jean-Paul II en 2012 - Exemplaire en bronze installé à l'Institution Jean-Paul II à Rouen en 2014 
  • Les trois sources, Ville de Forges-les-Eaux
  • Le loup, Agglomération de Rouen, Ville de Canteleu 
  • Guillaume le Conquérant, Ville de Bois-Guillaume
  • Eole, Communauté de communes du Douaisis, et du moulin d'Ecales en Seine-Maritime
  • Oeuvre en pied de l'abbé Pierre, bronze, H 1.80m, Fondation Abbé Pierre pour le logement à Paris 
  • Les moulières, et de nombreux portraits de personnalités, Ville de Honfleur
  • Série sur les Portraits de peintres de l'époque impressionniste (20 bustes en bronze) 
  • Hommage aux victimes civiles de la seconde guerre mondiale, Site V1 à Ardouval
  • Vierge à l'Enfant, cloître végétal de l'abbaye à Saint-Martin de Boscherville 
  • Les femmes des cinq continents créées en public pendant l'Armada 2008 sur les quais de Rouen 
  • Les quatre saisons, Ville de Barentin, Centre d'art contemporain du château de St Pierre de Varengeville.