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> Création du jardin par Jean-Marc de Pas

 

Quand Jean-Marc de Pas était enfant, les 3 hectares qui existaient autrefois autour du château, étaient revenus à l’état d’herbage pour moutons et poneys : le parc s'étendait alors jusqu'à la mare, jusqu’aux vieux arbres vers l’ouest et jusqu’au mur du potager à l’arrière du château.

 

A 21 ans lorsqu’il devient propriétaire du château de Bois-Guilbert, il s’interroge sur sa vocation de sculpteur  qui s’éveille, sur le sens de ce qu’il vient de recevoir et surtout, sur ce qu’il peut en faire.

 

Il a le souhait de replacer la grande maison familiale dans un bel écrin de nature. Il a déjà ressenti ce que la sculpture peut apporter, faire ou exprimer, et l’intuition qu’un lieu comme celui-ci peut apporter du sens poétique dans la relation de l’homme à la nature.

 

Avec les 4 hectares de plaine attenants au parc ancien, il fait le rêve de créer un grand jardin de sculptures entourant la propriété familiale. Il a été formé aux essences grâce à ses études d'ébénisterie. Il a grandi sur ce domaine maternel, en pleine nature, au milieu d’arbres remarquables : en particulier un magnifique châtaignier du 17ème, et des platanes à l’entrée du jardin, datant de 1780, qui accompagnent parfaitement la perspective à l’avant du château.

 

Réflexion sur les thèmes qui lui sont chers, les éléments, les saisons, la Terre et le cosmos, le temps.... Quand il fait les plans, il intègre dès le départ la dimension du temps ; donner le temps à la nature d’accompagner le geste du paysagiste.

 

Vision d'ensemble, dessin des différents espaces, des chambres successives. Jean Marc de Pas dessine un grand tableau vivant et c’est avant tout le lien à la nature qui sous-tend le projet à travers des jardins symboliques à thèmes.

 

Dessin du labyrinthe, jardin du cosmos, cœur du parc et point de départ : pièce circulaire à partir de laquelle sont distribués les espaces et les allées. L’intention est de déambuler dans l'œuvre, de découvrir petit à petit le parc, de circuler dans différentes pièces. Ce cheminement n'a pas de sens strict, mais se fait selon les impressions et le ressenti de chacun.

 

A ce stade de la conception du parc, l’étudiant sculpteur et paysagiste cherche déjà l'harmonie entre nature et sculpture : il commence par créer une architecture végétale, les murs des pièces et leurs structures, qui serviront de cadre à ses sculptures.

 

La plupart des arbres ont été plantés entre 1985 et 1991.

Une allée de platanes et de hêtres pourpres à l’arrière du château, pour rappeler leur présence ancestrale à l’avant.

Essences dans le bois familial : tilleuls et chênes, semis naturels de bouleaux et d’ifs. Techniques des semis et des boutures pour le labyrinthe de buis planté en 1989, noisetiers verts et rouges pour attirer les écureuils dans le parc, ou la rotonde de châtaigniers derrière les femmes des cinq continents, obtenue après semis de châtaignes du grand châtaignier historique.

Allée brise-vents sur huit cent mètres, maison pour les oiseaux, douze essences plantées avec une alternance de taille et de couleurs à intervalles réguliers. Devant le couple assis, JM a laissé une fenêtre sur l'extérieur. Au niveau de l'espace solaire, un pan coupé composé uniquement de chênes d'Amérique, parallèle aux houx, interrompt le rythme de l'allée périphérique.

 

Sculptures et jardin ont été créés dans une même intention. 

Les quatre saisons prennent place aux quatre coins cardinaux du cloître végétal en charmilles : l’hiver au nord, le printemps à l’est, l’été au sud, l’automne à l’ouest.

L’aurore, une femme se réveille dans les bras de Chronos le temps, tournée vers l’est, soleil levant ; Le crépuscule, elle s’endort le soir, dans ses bras, tournée vers l’ouest, soleil couchant.

Le labyrinthe de buis, jardin du cosmos, nous invite à entrer en relation avec le cosmos au centre : nous sommes invités à nous allonger sur la pelouse, regard tourné vers la contemplation de la voute céleste...